"Modern Times" de Charlie Chaplin, 1936

"Modern Times" de Charlie Chaplin, 1936
L'option du muet

->Le cinéma parlant est inventé depuis 1927 (Le chanteur de jazz). L'ensemble de la production mondiale est parlant. Chaplin, comme il l'avait déjà fait avec Les lumières de la ville (1931), persiste à réaliser un film non parlant mais sonore.
Plusieurs raisons expliquent son choix :
- Préserver l'esprit du personnage du vagabond qui repose sur l'art de la pantomime.
- Garder le mystère du personnage de CHARLOT que la voix synchrone risquerait de tuer.
- Continuer à être le cinéaste d'une expression visuelle essentiellement.
Le personnage de Charlot disparaîtra après Les Temps modernes.

Des révolutions techniques auront cependant raison du personnage de Charlot :
- La pellicule Panchromatique (à la place de l'orthochromatique) plus fine et plus précise révélant un Charlie Chaplin vieillissant.
- Le passage du 16 images/secondes au 24 images/secondes, nécessaire à la bande son, qui ralenti le rythme des mouvements et les rend plus "coulés". La démarche et la "gestuelle" de Charlot s'en seraient trouvées complètement transformées.
Cependant, Les Lumières de la ville tout comme Les Temps modernes sont des films de transition vers le cinéma parlant que va rejoindre Charlie Chaplin avec son film suivant Le Dictateur (1940)


Dans Les Temps Modernes

Un certain nombre de voix du film cessent d'être sous-entendues et passent réellement par le haut parleur qui diffuse la bande sonore : circuit de surveillance vidéo du patron, pavillon d'un gramophone (machine à manger), cadran d'une radio (prison).
Il y a donc dans le film, deux types de voix :
- Celles qui sont émises en "direct" par les personnages et que l'on continue, comme au temps du muet, à ne pas entendre (elles sont lues sur des cartons).
- Celles qui sont "retransmises" par des appareils et donc vraiment entendues : écran vidéo du patron, gramophone, radio.

LA PROGRESSION DU RÉCIT
Générique et prologue
Le générique se déroule sur l'image d'un cadran d'horloge. Le TEMPS est bien la mesure fondamentale du film, conçu comme un carcan, une camisole destinée à broyer l'individu dans les ressorts du machinisme, à le soumettre aux impératifs de la productivité.
Le comique naît du heurt entre cette infernale et mécanique logique temporelle et les réactions de Charlot pour échapper à l'emprise aliénante de ce temps.
Le prologue sert, par une métaphore (les moutons) ayant valeur de symbole, à incarner l'espace aliénant de l'usine, du culte de la machine et de la conception de l'ordre qui en découle.

Première séquence
L'usine ou l'homme souffre-douleur du travail à la chaîne.
1. Le travail à la chaîne.
2. La machine à déjeuner.
3. Les cadences.
Les cadences qui font "débloquer" CHARLOT (il se transforme en machine désirante), seule manière de le faire échapper au rythme de travail qui le broie.

Deuxième séquence : "Guérir" dit-il
La sortie de l'hôpital livre Charlot au stress de la rue et de la vie, cela le conduira en prison. Le personnage de La gamine en est également une victime.
1. La rue : L'impossibilité de marcher droit dans le monde tel qu'il est.
- Charlot meneur involontaire, embarqué en prison.
- La gamine incarne l'autre versant de la misère.
2. La prison :
- Charlot est encore en position de "décalé", ne pouvant marcher au pas.
3. La rue, les manifestations, la mort du père de la gamine.
4. Libération de Charlot.

Troisième séquence : le difficile apprentissage de la liberté.
1. Charlot trouve du travail sur un chantier naval, mais sa maladresse le fait s'exclure lui-même.
2. Charlot rencontre la gamine qui vole une miche de pain.
3. Charlot mange dans une cafétéria.
4. Charlot et la gamine dans un fourgon ; ils s'échappent.
5. Rêve et réalité devant un petit pavillon, incarnation du modèle de l'american way of life.
6. Au magasin.

Quatrième séquence:
1. Charlot sorti de prison, rejoint la gamine dans le cabanon "paradisiaque"
2. Retour à l'usine puis rembarqué.
3. Le café dancing.
4. Epilogue. Charlot et la gamine sur la route. Leur logement c'est l'ailleurs, le passage.


A sa sortie aux États-Unis, le film aura un succès mitigé, on accusera Chaplin de sympathie avec le communisme. En Allemagne, le film sera interdit par Goebbels. Il reçoit cependant un accueil enthousiaste en France, en Angleterre et en URSS

C'est la dernière fois que Chaplin endosse le personnage de Charlot sans distanciation. Désormais il se dédoublera dans Le Dictateur et Monsieur Verdoux, tour à tour bourreau et victime.

"Les temps modernes est bien plus qu'une satire de la machine : C'est une vision plus subtile de ce monde moderne où l'homme, jouet de la machine dont il ne connaît qu'un rouage, de lois mystérieuses, de mouvements politiques dont il ignore la portée, sent le réel lui échapper et poursuit comme une chimère un rêve qui devrait être à sa portée. Ce sévère réquisitoire est exprimé par le chemin de l'art le plus accessible aux foules. Une comédie dont nous avions perdu la qualité qui s'appelle la pantomime, art véritable qui se passe de faux artifices et n'appartient qu'aux grands artistes."
Critique du Figaro, le 12 février 1936

"La réalité est le clown blanc dont

Charlot est l'Auguste."-Eisenstein-

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Les fameuses paroles de la Chanson de Chaplin:
La premiere parti donne à peu près ceci:

Se bella dui sadore, je notre so capore
Je notre si cavore, je la tout la tila twy
La spinach or la bouchon, cigarette portobello
Ce rakish spagaletto, si la tout la ti la twySenora pilasina, voulez vous le taxi meter?
La zionta sur la seata, tout la tout la tout la wai
:)

# Posté le mardi 10 mai 2005 13:20

Modifié le samedi 04 juin 2005 12:20

Claudette Colbert

Claudette Colbert
Voici Claudette Colbert, l'une de mes actrices préféré pour son jeu d'actrice (!) et pour sa présence sur l'écran que j'aime énormément! Son personnage dans "It happened one night" de Frank Capra est l'un des plus délicieux personnages de grand écran (avec le personnage de Clark Gable du même film) à mon goût...A voir ses films dès que l'occasion s'y présente!



Chauchoin Claudette dite Claudette Colbert (1903-1996):Venue aux États-Unis à l'âge de 6 ans, elle étudia les beaux-arts à New York et devint décoratrice de théâtre. Elle monta sur les planches une première fois en 1923, et à cette époque changea définitivement son nom d'artiste pour Colbert. En 1927, en pleine dépression, on ferma la majorité des théâtres, et Claudette se tourna vers le cinéma. Elle fit ses débuts par hasard, sous la direction de Capra dans POUR L'AMOUR DE MIKE (1927) et, à partir de ce moment, n'arrêta plus. Une soixantaine de films et des dizaines de productions théâtrales en près de soixante ans de carrière, c'est tout ce qu'il y a de plus remarquable pour une des plus brillantes actrices du 7e art.

# Posté le lundi 16 mai 2005 08:04

Tex Avery

Tex Avery
Bien que ce ne soit pas de mon époque, je suis assez fière de dire que ce sont ces dessins animés qui ont bercé mon enfance :) J'en possède plusieurs cassettes regroupant les fameux personnages tels :
Tom & Jerry
Screwy Squirrel
Droopy
Le loup (the wolf)
Le petit chaperon rouge
Spike
Junior
Cat
...et pleins d'autres personnages


Que dire de Tex Avery? Un monde à mes yeux génial...Il m'arrive de revoir des Tex Avery, et cela continue de me faire rire...J'aime replongé dans mon enfance;Je me dis alors que le temps passe diablement vite...
Je suis allé au cinéma, allé voir 12 dessins animés de Tex Avery...J'y ai améné une amie en lui promettant que c'était loin d'être une perte de temps...Je pensais qu'il y aurait du monde...Résultat, croyez le ou pas, on était avec mon amie que 2 dans la salle...
Cette aprés-midi-cinéma, j'ai eu l'impression de faire un bon de 50 ans en arrière...C'était vraiment génial.



Tex Avery

Frederick Bean « Tex » Avery (26 février 1908 - 26 août 1980) était un réalisateur de film d'animation (cartoons).

Il a travaillé pour les studio Warner Bros et MGM et est surtout connu pour créer des univers peuplés de personnages délirants. Parmi ces personnages on peut citer Bugs Bunny, Daffy Duck, Droopy ou Casse-Noisettes (Screwy Squirrel).

La scène la plus célèbre qu'il a imaginée est sans doute celle qui apparaît d'abord dans Red Hot Riding Hood, une transposition de l'histoire du Petit Chaperon Rouge. Le petit chaperon rouge est ici une danseuse sexy qui rend fou de désir le loup, qui craque complètement : il siffle, hurle, a les yeux qui lui sortent de la tête (littéralement), la langue qui tombe sur la table... Cette scène sera répétée dans d'autres cartoons d'Avery, et aussi reprise et parodiée ailleurs, comme par exemple dans le film The Mask avec Jim Carrey.

Pour ceux qui aiment voici un très bon site : Tex avery tribute

# Posté le samedi 04 juin 2005 10:36

Modifié le lundi 27 juin 2005 11:56

The Wizard of Oz

The Wizard of Oz
Je ne peux pas vous parler de Judy Garland sans vous parlez du merveilleux "The Wizard Of Oz" ("Le Ma gicien d'Oz")
Un film plein de couleurs, merveilleux et délicieux...Un film qui respire la bonne humeur!

Résumé:
Dorothée (l'héroïne de ce film), habite au Kansas. Elle n'y est pas très heureuse car ses proches semblent ne pas trop s'occuper d'elle.Madame Gulch, la femme la plus riche du village, veut voler Toto: le chien de Dorothée. Celle-ci demande de l'aide à sa famille, mais personne ne veut l'écouter. Elle part...
Quand elle revient, pendant une tempête, elle se fait assomer par une fenêtre et entre au pays imaginaire.
Ce pays est joyeux et il est en couleur.Elle veut rencontrer le mùagicien d'Oz. Les microsiens (les habitants de ce pays), lui indiquent la route.
Sur son chemin, elle rencontre un épouvantail sans cervelle, un homme en fer blanc sans c½ur, et un lion sans courage. Ces personnages décident de l'accompagner chez le magicien.
Chemin faisant, ils rencontre la sorcière qui leur bloque le passage. Grâce à leur amitié, ils tuent la sorcière et parviennent jusqu'au magicien qui n'est, en fait, qu'un charlatan...

Moral:
Ses amis lui ont montré qu'il faut savoir utiliser son courage, son c½ur et son intelligence pour résoudre ses problèmes.

Les personnages:
Certains personnages sont présents dans les deux mondes.
Dorothée reste la même mais à l'inverse, les autres sont transformés. L'un des fermiers est changé en épouvantail, il prétend qu'il n'a pas de cervelle cependant c'est souvent lui qui a des idées. Un autre, qui disait à Dorothée qu'il fallait être gentil, se retrouve en homme de fer sans c½ur. Le troisième est un lion sans courage.
Dans le rêve de Dorothée, la méchante Mme Gulch qui est la plus riche du village, est représentée par une sorcière. Le professeur Merveille devenu le magicien, est toujours un imposteur.

# Posté le lundi 27 juin 2005 12:06

Modifié le lundi 27 juin 2005 12:31

The Wizard of Oz-Analyse.

The Wizard of Oz-Analyse.
ANALYSE DU FILM:
Ce film a pour origine un conte pour enfants de L. Frank Baum publié en 1900. Les scénaristes lui ont rajouté un prologue et un épilogue "réalistes". Contrairement au livre le film ne nous propose pas un voyage réel mais un voyage imaginaire issu du rêve de Dorothy. A noter que le conte était beaucoup plus "saignant" avec des personnages inspirant véritablement la peur mais que la production du film a décidé d'aplanir.

La couleur est l'expression du passage du monde réel au pays d'Oz, monde merveilleux (à noter pour l'anecdote que Le magicien d'Oz est un film réalisé précisément pour vendre le cinéma en couleur qui débutait à cette époque : procédé nouveau : le Technicolor Trichrome). La couleur traduit l'onirisme, mais aussi la fantaisie à l'époque où dominait uniquement le noir et blanc.

Les personnages :
La sorcière : représentation très classique comme dans les contes : chapeau et visage pointus, ricanements, costumes sombres (en opposition à celui de la Fée qui est de couleur blanche : on retrouve ici les codes classiques d'utilisation de la couleur).

Analyse de séquences:
Analyse du début du film jusqu'à la fin de la chanson "Over the rainbow"Générique:
La musique est très présente et récapitule un certain nombre de thèmes musicaux que l'on retrouvera dans le film. Générique sur fond de ciel en relation directe avec ce qui va suivre et notamment l'intention de Dorothy d'aller au delà de l'arc-en-ciel. A noter que dans le générique de la V.F. (contrairement à la V.O.) Mervyn Leroy est noté comme réalisateur alors qu'il est en fait le producteur exécutif du film.
Tournage en studio d'où la nécessité des changements de plans pour "récupérer" les personnages.
Premières images étonnantes : fuite de Judy Garland dans le fond de l'image (ce qui correspond plus classiquement à une image de fin de film).
D'entrée dans les conversations, il y a des enjeux explicites entre le personnage de Dorothy et les adultes : il est clair qu'ils n'écoutent pas et qu'elle sera donc livrée à elle-même.
Le décor est très sobre, quelques obstacles (pneus, barrières ...) qui contrastera avec les décors du pays d'Oz qui sont au contraire hyper-chargés.
Présentation de l'ensemble des personnages (que l'on retrouvera une nouvelle fois réunis à la fin du film, "bouclant la boucle") :
Le futur "homme de paille" nous révèle qu'il n'a pas de cervelle et nous retrouverons ses attitudes "chorégraphiques" dans ses comportements dans le monde imaginaire.
Idem pour les deux autres, le futur "homme-lion" et le futur "homme en fer-blanc". (A noter dans cette séquence que pour sacrifier aux conventions hollywoodiennes qui consistaient à ne pas "abîmer" l'image de la star, Judy Garland ressort impeccable de son séjour chez les cochons).
La caméra est dans cette séquence très mobile avec des mouvements très souples.
L'arrivée de la musique va nous préparer au passage chanté. L'image des cieux qui s'ouvrent est une image biblique très célèbre.

Analyse de la séquence du passage du monde "réel" au pays d'Oz:
Il faut que le spectateur puisse de manière crédible décoller de la réalité (ex. : La belle et la bête de Jean Cocteau). D'autre part, un certain nombre d'éléments permettent le "passage" d'un monde à l'autre (comme cela est le cas pour le miroir dans le film de Cocteau) : dans Le magicien d'Oz il s'agit de la boule de cristal permettant à Dorothy de voir sa tante qui est de l'autre côté de l'arc-en-ciel.
L'ouragan est une menace permanente dans le cinéma américain.
A noter que là aussi la musique est une véritable ponctuation dramatique de l'action.
Juxtaposition d'images et travail de déstabilisation de la position du spectateur : notamment non-respect des verticales et des horizontales.
La fenêtre est véritablement considérée comme un écran de cinéma (à noter l'absence de piqué dans ces images). Tout bouge dans le décor, la caméra aussi évoquant l'idée que nous sommes dans le même "bateau" que Dorothy.
Musique spécifique pour les divers personnages
Les plans sont de plus en plus rapides jusqu'à l'atterrissage (on ne nous laisse pas le temps de respirer). Le spectateur dans cette partie de la séquence ne peut que subir les évènements et ne peut en aucun cas les anticiper.
Nous découvrons sur les pas de Dorothy le pays d'Oz.


REMARQUES SUBSIDIAIRES:
Film référence pour l'imaginaire américain
Ce film est fondateur de la civilisation américaine. (Le maire des Munchkins correspond à un personnage du film L'étrange noël de Mr. Jack).

En 1940, Cukor fait chanter "Over the Rainbow".

Ce film a eu une influence très grande sur les images que l'on a données de la société américaine. Dans le film de Stone Tueurs nés de 1994, certains cadrages sont référencés au Magicien d'Oz. Dans Sailor et Lula de David Lynch, la présence de la fée en fin de film (c'est un des films qui a ouvert la fracture de la violence au cinéma). Ce film n'arrête pas de faire des références au Magicien d'Oz.

Le Magicien d'Oz est une initation concrète. Morale très réductrice.

A sa sortie, ce n'est pas un très gros succès malgré un gros investissement de la MGM. Tous les Noëls qui suivront verront une reprise de ce film.

L'imaginaire américain a été formé par ce film.

Le conte dans le conte : narration classique à la comédie musicale (on y chante et on y danse). Comment passe-t-on du monde du rêve à la réalité ?

Le problème des comédies musicales est précisément de passer du dialogue parlé au dialogue chanté. Il faut donc un milieu très réaliste pour décoller au moment du "rêve". L'intérêt d'être dans l'½il du cyclone : elle est fermée dehors et doit se débrouiller toute seule. Lorsque la maison décolle, il faut faire décoller le spectateur du réel. La surimpression permet de faire une fracture dans le réel. Cette série d'images qui fait décoller le spectateur de la réalité comporte un premier plan net avec une fenêtre et un écran flou sur lequel défilent des images totalement "irréelles" (au sens de la perception du spectateur).

La morale et le message du film:
Le message est clair : la V.O. nous dit par l'intermédiaire de Dorothy "There's no place like home" traduit littéralement "Il n'y a pas d'endroit comme chez soi" ou "Il n'y a rien de mieux que chez soi". Message très protectionniste de l'Amérique qui en 1939 ne sait pas encore quelle position prendre par rapport au conflit mondial qui s'annonce. Autrement dit Mayer, producteur conservateur, choisit la solution de fermer la porte à ce qui se passe en dehors des USA.

Très étrangement, la V.F. traduit cette même phrase par "Je veux retrouver ceux que j'aime" ce qui a une toute autre signification.

# Posté le lundi 27 juin 2005 12:42

Modifié le lundi 27 juin 2005 13:19