Alors là, c'est bien simple, je croyais que je n'aurais pas du tout peur car bon, on se dit c'est vieux, alors ça fait plus peur (par exemple: "Frankenstein", interdit au moins de 16 ans lors de sa sortie en salle...heu...j'ai pas eu vraiment peur...) mais là, dans "Psycho" j'avoue avoir sursauté: la scène ou la caméra est collé au plafond et que le tueur vient avec son couteau comme un zombie...Brrrrrr.....je ne m'y attendais pas trop, alors chapeau, l'un de mes film préféré de Mr.Hitchcock avec "Fenêtre sur cour", miam!
USA
réalisation:Alfred Hitchcock
Scénario:Joseph Stefano,d'après Robert Bloch
Photographie:John Russell
Effets spéciaux:C.Champagne
Musique:B.herrmann
Production:A.hitchcock/ Paramount
Interprétation: Anthony Perkins ,Janet Leigh,Vera Miles,John Gavin,Martin Balsam,John McIntire
NB,109 min
Hitchcock parle de ce film:
*A propos de la scene qui montre le detective montant les escaliers avant d'être poignardé:
"Alors il y avait un plan de la main du detective glissant sur la rampe et un travelling à travers les barreaux de l'escalier montrant ses pieds de côté .Cette montée de l'escalier, decoupée ainsi ,ne donnait pas un sentiment de d'innocence,mais de culpabilité.Ces plans auraient convenu s'il s'etait agi d'un tueur montant l'escalier ,mais
l'esprit de la scène se situait à l'opposé.J'ai donc retourné la scène .Je me suis alors servi d'une seule prise du detective qui monte l'escalier et ,quand il s'est approché de la dernière marche ,j'ai deliberement placé la caméra en hauteur pour deux raisons : la première afin de pouvoir filmer la mère verticalement car,si je l'avais montrée de dos , j'aurais eu l'air de masquer volontairement son visage et le public se serait méfié.De l'angle ou je m'etais placé ,je ne donnais pas l'impression d'eviter de montrer la mère.
La seconde et principale raison pour monter si haut avec la caméra était d'obtenir un contraste fort entre le plan général de l'escalier et le gros plan de sa figure lorsque le couteau s'abattait sur lui .C'etait exactement de la musique,voyez-vous,la caméra en hauteur avec les violons ,etsoudain la grosse tête avec les cuivres .Dans le plan du haut ,j'avais la mère qui arrivait et le couteau qui s'abat et je passais au gros plan du detective.Au moment ou le couteau approchait de son visage ,un fil liberait le sang innondant son visage suivant un tracé prévu.
*A propos de la scene du poignardage du personnage de Janet Leigh :
Le tournage a duré sept jours et il y a eu soixante-dix positions de caméra pour 45 secondes de film.On m'avait fabriqué un merveilleux torse factice avec le sang qui devait jaillir sous le couteau,mais je ne m'en suis pas servi.J'ai préféré utiliser une fille ,un modèle nu ,qui doublait Janet Leigh .De Janet ,on ne voit que les mains les epaules et la tête .Tout le reste c'est avec le modèle.
L'histoire:
Une femme s'enfuit de son lieu de travail avec l'argent d'un riche client.Le soir ,prise de remords, elle quitte la route principale ,mais surprise par l'orage ,elle s'arrête dans un motel peu engageant...
Hitchcock parle de ce film:
*A propos de la scene qui montre le detective montant les escaliers avant d'être poignardé:
"Alors il y avait un plan de la main du detective glissant sur la rampe et un travelling à travers les barreaux de l'escalier montrant ses pieds de côté .Cette montée de l'escalier, decoupée ainsi ,ne donnait pas un sentiment de d'innocence,mais de culpabilité.Ces plans auraient convenu s'il s'etait agi d'un tueur montant l'escalier ,mais
l'esprit de la scène se situait à l'opposé.J'ai donc retourné la scène .Je me suis alors servi d'une seule prise du detective qui monte l'escalier et ,quand il s'est approché de la dernière marche ,j'ai deliberement placé la caméra en hauteur pour deux raisons : la première afin de pouvoir filmer la mère verticalement car,si je l'avais montrée de dos , j'aurais eu l'air de masquer volontairement son visage et le public se serait méfié.De l'angle ou je m'etais placé ,je ne donnais pas l'impression d'eviter de montrer la mère.
La seconde et principale raison pour monter si haut avec la caméra était d'obtenir un contraste fort entre le plan général de l'escalier et le gros plan de sa figure lorsque le couteau s'abattait sur lui .C'etait exactement de la musique,voyez-vous,la caméra en hauteur avec les violons ,etsoudain la grosse tête avec les cuivres .Dans le plan du haut ,j'avais la mère qui arrivait et le couteau qui s'abat et je passais au gros plan du detective.Au moment ou le couteau approchait de son visage ,un fil liberait le sang innondant son visage suivant un tracé prévu.
*A propos de la scene du poignardage du personnage de Janet Leigh :
Le tournage a duré sept jours et il y a eu soixante-dix positions de caméra pour 45 secondes de film.On m'avait fabriqué un merveilleux torse factice avec le sang qui devait jaillir sous le couteau,mais je ne m'en suis pas servi.J'ai préféré utiliser une fille ,un modèle nu ,qui doublait Janet Leigh .De Janet ,on ne voit que les mains les epaules et la tête .Tout le reste c'est avec le modèle.
Analyse de la scène de la douche:
la séquence commence après trois quarts d'heure de film et dure moins de cinq minutes, sachant que le montage réserve à peu près 45 secondes à l'enchaînement des plans durant la mise à mort de Marion Crane.
Dès l'entrée du personnage dans la salle de bains, le spectateur peut découvrir la cuvette d'un toilette (chose hautement triviale pour l'époque au cinéma et jusqu'alors restée quasiment inédite) dans lequel l'héroïne jette un papier déchiré avant d'actionner la chasse d'eau. Cette vue de la cuvette et de l'eau qui tourbillonne lance l'engrenage que le personnage de Marion Crane ne peut encore deviner et amène la première occurrence de la figure du cercle qui scandera la séquence, tel un leitmotiv. D'autres éléments s'inscriront donc dans cette dynamique : le pommeau de la douche, la vue du nombril de Marion Crane, le gros plan sur sa bouche ouverte, la bombe de l'écoulement d'eau et, au final, son oeil (iris et pupille fixe).
A proprement parlé, la scène de la douche possède elle-même pour bornes, de l'entrée de Marion sous la douche à sa mort, la marque de ce motif. Le premier plan qui nous certifie que la douche a été mise en marche est une contre-plongée sur l'eau qui quitte le pommeau, telle une pluie battante (Hitchcock utilise à ce moment une courte focale) et le dernier est un gros plan sur son oeil ouvert et inerte (avec un travelling optique arrière et un mouvement de rotation) à travers lequel on voit se refléter la bombe de la douche. La figure répétée du cercle se propage donc comme un écho dans cette scène qui substitue la mort de Marion Crane à celui d'un martyr.
L'habitacle de la cabine de douche compose lui-même un cercle qui enferme Marion Crane dans un catafalque (le rideau de la douche jouerait à cet égard le rôle d'un linceul) mais également le spectateur.
Cet espace est frappé par des lignes obliques : le jet de l'eau flagellant le corps de Marion qui se purifie de sa tentation à travers sa toilette (elle a décidé à ce moment de rendre l'argent dérobé à son bureau) et les coups de couteau lancés dans sa direction par la main meurtrière.
A travers les points de vue utilisés, le spectateur occupe tout d'abord la place du voyeur : la scène débute par un point de vision sur Marion Crane entrant sous la douche. Possédant une avance sur le personnage (le spectateur entraperçoit une ombre derrière le rideau, l'imminent danger étant souligné par un travelling optique avant), il devient tour à tour victime (point de vue de l'héroïne : peur et incompréhension devant sa possible mort après 45 minutes de film) et bourreau (point de vue du meurtrier ; désir inconscient du spectateur du meurtre en soi également présenté comme un viol) et bascule donc rapidement dans la paranoïa. A l'image de Norman Bates, le spectateur s'avère être double.
Même si le montage nous donne l'impression d'une scène tournée en temps réel, il n'en est rien, sept jours furent d'ailleurs nécessaires pour le tournage. La continuité est faite par le son (bruit de l'eau quittant le pommeau), deux plans successifs (Marion a encore les cheveux secs et au plan suivant ils sont trempés) nous suggèrent pourtant l'usage d'une légère ellipse ou faux raccord. Comme il fragmente le corps de Marion, Hitchcock découpe le temps, l'accélérant à sa guise. Toute la dramaturgie est de plus soutenue par la musique de Bernard Hermann qui intègre au plus haut sommet de la tension les cris, quasi musicaux, de Janet Leigh.
La scène s'avère être un véritable exercice de montage comme l'est par exemple celle de L'escalier d'Odessa dans Le Cuirassé Potemkine d'Eisenstein. Marion Crane n'est pas concrètement tuée (on ne voit jamais le couteau entrer dans son corps), c'est l'esprit du spectateur qui l'assassine. Après le glissement du corps de Marion qui agonise lentement (le spectateur doit en avoir pour son désir malsain ; notons une nouvelle fois l'oblique dessinée par le bras et la main de l'héroïne), l'instant de sa mort est symbolisé par la chute du rideau et son bruit caractéristique et guère éloigné d'une guillotine qui s'abat sur un condamné à mort.
Enfin, cette séquence est en grande partie sculptée et structurée par le jeu de la lumière. Le corps de Marion Crane est exhibé sous la douche comme il le serait dans une cage (voir le dessin des carrelages de la douche) ou un tribunal. Sa mauvaise conscience s'incarne à travers l'ombre qui la roue de coups de couteau, l'empêchant de quitter la douche et lui rappelant à chaque instant le vol qu'elle a commis.
Merveille de construction cinématographique, la scène de la douche se doit d'être considérée depuis la sortie du film comme un des Beaux-Arts.